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Choisir son poste au handball

Au hand, il y a sept postes à pouvoir sur le terrain mais seulement cinq profils vraiment différents. Selon vos qualités et vos dispositions physiques ou techniques, vous serez plus habilité à jouer gardien, arrière, ailier, demi-centre ou pivot. Pour vous aider à bien choisir votre poste, voici le guide pratique.

Le Gardien de but

Le physique

Dernier rempart de l’équipe, le gardien de but de handball dispose généralement d’un gabarit imposant, bien souvent au-delà d'1,90 m. Un buste large, des longs bras et des longues jambes, sont des atouts pour barrer au maximum l’espace libre dans les buts et se donner plus de chances de dévier la balle. Mais attention, la carrure ne doit pas contrecarrer un autre atout indispensable pour un gardien de but : la souplesse. Autant à l’aise avec ses bras que ses jambes, le gardien doit constamment s’étendre pour aller chercher les ballons dans les coins de sa cage.

La technique

L’anticipation doit être un point fort pour le gardien. Anticiper la percée de l’adversaire, ses mouvements, sa façon de tirer par rapport à la position dans laquelle il se trouve, ou encore la trajectoire du tir. Une analyse et une lecture du jeu qui, en plus de l’instinct, aide à réduire l’angle de tir. Il faut également faire preuve d’un bon équilibre et de bonnes qualités de coordination.

Le mental

Comme pour le foot, le gardien de but est un poste à part qui conduit parfois à une sorte de solitude. Il paraît donc indispensable d’avoir un mental au-dessus de la moyenne lorsqu’on prend place dans la cage. « En 2009, contre Ciudad Real, je fais une très bonne première mi-temps. L’entraîneur adverse fait alors des signes, comme pour dessiner une cible sur ma tête. Et ses joueurs m’ont visé. Mais jamais je n’enlèverai la tête… » racontait d'ailleurs Thierry Omeyer dans l’Equipe. Car pour être gardien de but, il faut un peu de folie et aussi aimer «manger du ballon ». Au haut niveau, il est courant de faire face à des ballons lancés à plus de 100 km/h. Nul autre choix alors que de dompter sa peur, apprivoiser le ballon et s’habituer aux impacts du ballon sur son corps. Les duels sont nombreux et l’avantage psychologique sur les joueurs adversaires constitue un facteur très important au cours d’une rencontre.

L’exemple parfait : Omeyer

Faire de Thierry Omeyer le gardien parfait n’est pas du chauvinisme, c’est une évidence. Le portier français collectionne d’ailleurs les distinctions individuelles. Élu notamment meilleur gardien du monde en 2006, meilleur joueur du monde en 2008 par l’IHF (la Fédération Internationale de handball) et même meilleur gardien de tous les temps en 2010 (par vote des internautes sur le site de l’IHF), Omeyer demeure une légende dans son sport. La clé de sa réussite, son tempérament de gagneur conjuguée à une recherche de la perfection permanente voire maladive. Doté d’une taille correcte pour un gardien (1, 92 m), le natif de Mulhouse passait des heures à observer ses futurs adversaires à la vidéo pour les connaître sur le bout des doigts - savoir anticiper les tirs et les habitudes des adversaires étant une des clés pour être un bon gardien. Pointilleux et fou du détail, Omeyer est capable d’indiquer, à chaud, combien d’arrêts il a effectué au cours du match. En plus d’être habile, le gardien de Montpellier a souvent fait déjouer ses adversaires et inverser une rencontre grâce à des coups d’éclats et son aura. Car sa soif de vaincre est contagieuse, elle influe sur le reste d’une équipe. C’est aussi pour cette raison qu’Omeyer fait partie des plus grands.

L'Ailier

Le Physique

Positionné dans les coins du terrain au niveau du corner et le long des lignes de touches, l’ailier doit faire preuve de grandes qualités d’explosivité. Constamment sollicité pour se replier ou lancer une contre-attaque, il doit faire preuve d’une condition physique au-dessus de la moyenne et d’une bonne pointe de vitesse. L’ailier doit à la fois courir vite mais aussi longtemps tout en ayant assez de lucidité pour convertir ses occasions de marquer. Comme l’endurance demeure une qualité essentielle de l’ailier, des tests de VMA (Vitesse Maximale Aérobie) peuvent régulièrement être effectués. En règle générale, l’ailier possède un plus petit gabarit que les autres joueurs mais c'est aussi ce qui fait sa force.

La Technique

Mis à part de grandes qualités d'explosivité, le poste d’ailier requiert une grande souplesse de mouvement. En phase d’attaque, l’ailier doit se tenir le plus près possible de sa ligne de touche pour étirer la défense adverse sur la largeur, et courir le plus vite possible vers la cage adverse en cas de contre-attaque. Constamment excentré, il doit tirer dans des angles très fermés mais aussi apprendre à se recentrer voire se désaxer (lorsqu’un droitier évolue à l’aile droite par exemple) lorsqu’il s’élance des coins pour justement avoir plus d’angle pour marquer. Avoir de bons appuis paraît également essentiel pour évoluer à ce poste ainsi qu’un excellent poignet. L’ailier dribble peu par rapport aux autres joueurs donc une grosse compétence dans ce domaine n’est pas vital même s’il peut être un énorme plus.

Le Mental

Pas avare d’efforts et prêt à enchaîner les allers retours le long de sa ligne, l’ailier se doit d’être une sorte de marathonien pour son équipe. Esseulé dans son coin, l’ailier sera confronté à de nombreux un-contre-un avec son défenseur direct et le gardien adverse. Multiplier les duels perdus peut affecter la confiance de l'ailier donc la peur et le doute sont à proscrire de ses pensées. Ce poste demande aussi de l’intelligence dans le placement et beaucoup de malice.

L’exemple parfait : Luc Abalo

Luc Abalo incarne l’ailier moderne. Plus athlétique qu’un Rafael Guijosa, élu meilleur joueur du monde en 1999, le Français est un modèle du genre. Surnommé « l’Homme élastique » pour sa faculté à se tordre dans tous les sens pour marquer, le joueur du PSG Hand constitue une menace permanente pour l’adversaire. Malgré son petit gabarit (1,82 m), Abalo s’est fait une place parmi les meilleurs au poste d’ailier droit grâce à des appuis ahurissants et des qualités athlétiques rares dont une détente sèche à faire pâlir un spécialiste du dunk. Hyperactif, Abalo est efficace des deux côtés du terrain et détient ce petit brin de folie qui le rend inarrêtable et imprévisible pour l’adversaire. Élu quatre fois de suite meilleur ailier du championnat d’Espagne (entre 2009 et 2012), Abalo fait incontestablement partie des meilleurs ayant évolué à ce poste.

L'Arrière

Le physique

Placé entre la ligne de touche et le milieu du terrain, l’arrière joue un rôle de relais entre le demi-centre et l’ailier. Ses qualités athlétiques doivent donc être proches de celles de l’ailier mais aussi de celles du demi-centre. En d’autres termes, l’arrière doit être vif, rapide mais aussi costaud. Comme ses attaques partent généralement de loin, l’arrière doit être capable de déclencher des tirs en suspension dans le champ, au-dessus du rideau défensif adverse ou carrément au travers de la défense (ex: tir à la hanche) à la manière d’un demi-centre. Une bonne taille et une bonne détente paraît donc indispensable pour évoluer au poste d’arrière.

La technique

L’arrière est un peu un joueur à tout faire. Il doit savoir organiser le jeu pour soutenir le demi-centre mais aussi provoquer des un-contre-un, à la manière d’un ailier, pour pouvoir fixer la défense et libérer des espaces pour ses partenaires. Comme on l’a vu précédemment, l’arrière doit aussi être capable de déclencher des tirs de loin, donc d’avoir un bras et un poignet puissants. L’arrière se veut polyvalent, ce qui engage une maîtrise parfaite de la passe et du dribble, mais aussi très adroit car il endosse souvent le costume de buteur pour son équipe.

Le mental

Soutien du demi-centre, l’arrière est aussi amené à conduire le jeu. Sa lecture de la défense adverse doit donc être parfaite pour prendre les bonnes décisions et enclencher les bons mouvements. Du fait son rôle de relais entre le demi-centre et l’ailier, l’arrière subit généralement une forte pression de la défense adverse qui est attentive à la moindre opportunité d’intercepter le ballon. Souvent buteur attitré de l’équipe, l’arrière doit donc être très solide mentalement pour assumer la pression et limiter les déchets techniques ainsi que les échecs au tir.

L’exemple parfait : Daniel Narcisse

À presque 35 ans, Daniel « Air France » Narcisse n’a pas fini de planer sur la planète hand. Depuis plus de dix ans, l’arrière gauche des Bleus et du Paris-SG compile les trophées comme les buts, et l’ogre ne semble pas encore rassasié. Euro, championnat du monde, Jeux Olympiques, Ligue des champions, Narcisse a tout raflé, jouant un rôle majeur lors de chaque conquête. Avec sa détente d’une autre galaxie, le natif de Saint-Denis de la Réunion demeure un danger permanent capable de s’envoler au plafond pour placer des tirs au-dessus des défenses adverses comme mystifier son vis-à-vis grâce à des feintes de corps et des appuis toniques. Narcisse, c’est le profil-type du joueur complet et puissant. Parfait complément de Nikola Karabatic en équipe de France, il est capable d’évoluer en position de demi-centre et déçoit rarement lors des grands rendez-vous comme le prouve sa performance lors de la finale de l’Euro 2014 contre le Danemark. Élu meilleur joueur du monde en 2012, l’arrière gauche a encore de belles années à venir. Même s’il perd en qualité athlétique, il aura toujours son coup d’œil et son poignet de feu.

Le Demi-Centre

Le physique

Placé au cœur du jeu de son équipe, le demi-centre ne doit pas rechigner à aller au contact. En phase offensive, il doit faire preuve de force et de puissance pour percer la défense adverse dans l’axe ou encore déclencher des tirs de loin. Premier relanceur, il se doit d’être également vif et rapide pour se dégager de l’étreinte adverse, et lancer une contre-attaque. Un demi-centre n'est pas forcément grand, même si une bonne taille constitue un avantage non négligeable.   

La technique

Le demi-centre est avant tout l’organisateur du jeu. C’est lui qui dicte le jeu et indique à chacun où se positionner, à la manière d’un meneur de jeu au basket. En attaque, il pilote donc les combinaisons et déclenche les offensives. Sa fonction principale n’est pas forcément de marquer mais de faire des passes parfaites pour ses ailiers, arrières et son pivot. Le demi-centre doit donc faire preuve d’une bonne vision de jeu pour fixer la défense puis jouer rapidement dans les intervalles. Moteur de l’équipe, il sait également calmer le jeu et changer de rythme, ou encore alterner le jeu avec ou sans ballon. Il doit maîtriser le dribble et a, en règle générale, un bras puissant pour sanctionner les défenses de loin.

Le Mental

Ce poste requiert une maîtrise au-dessus de la moyenne. Le demi-centre doit se montrer performant tant dans l’analyse tactique que dans sa justesse d’action. De part l’importance de son rôle dans une équipe, il doit transmettre sa motivation à ses coéquipiers et avoir la volonté d’arriver à atteindre l’objectif fixé tout en gardant beaucoup de lucidité. Modèle de combativité, il doit sans cesse vouloir être plus fort que l’adversaire et avoir l’esprit de vaincre.

L’exemple parfait: Ivano Balic

Qui d’autre pouvait mieux incarner le poste de demi-centre qu’Ivano Balic ? Le Croate a quasiment révolutionné le poste, ce qui a fait de lui un des meilleurs joueurs de l’Histoire du hand. Balic est un ovni, un esthète qui se renouvelle et improvise perpétuellement. Si bien que ses adversaires ne savent jamais à quoi s’attendre lorsqu’ils ont affaire à lui. Avec son 1,90 m et ses 97 kg, on pourrait croire que le Croate n’est qu’un monstre physique mais au contraire, il s’apparente plutôt à un virtuose. Un technicien de génie capable de trouver son pivot avec une facilité déconcertante et des passes venues d’ailleurs, comme d’envoyer des parpaings dans la lucarne du gardien adverse avec une vitesse de bras folle. Au delà de ses qualités techniques hors normes, le natif de Split est aussi un personnage charismatique et véritable meneur d’hommes ayant guidé la Croatie au titre mondial en 2003, au Portugal, et à la médaille d’or aux JO d’Athènes, en 2004. Proche de la retraite, Ivano Balic aura véritablement marqué le handball de son empreinte et toute une génération avec. Une génération qui se souviendra qu’il a été élu meilleur joueur du monde à deux reprises mais qui gardera surtout en tête ses actions d’éclats comme les roucoulettes, chabalalas ou passes aveugles dont il était un expert.  

Le Pivot

Le physique

Constamment au contact de la défense adverse au niveau de la ligne des 6 mètres et toujours prompt à faire des écrans, le pivot doit être solide sur ses jambes et avoir de bons appuis. Il est également presque nécessaire d'être trappu et d'avoir de larges d’épaules pour évoluer à ce poste ingrat où la bataille se situe dans le combat physique. Enfin, le pivot doit également faire preuve de vivacité pour se dégager des bras adverses, se retourner et ajuster le gardien si le demi-centre ou les arrières ont fixé la défense.

La technique

Placé au cœur de la défense adverse pour la perturber et créer des brèches pour ses coéquipiers, le pivot a un rôle ingrat mais essentiel. Jouer d'abord pour les autres avant de jouer pour soi-même voilà ce que pourrait être la devise du pivot. Il forme un vrai duo avec le demi-centre et cherche, par son activité et son physique imposant, à créer sans cesse des solutions pour ses partenaires. Il est également amener à tirer lorsque ses coéquipiers ont fixé la défense mais cette prise de tir se fait le plus souvent en déséquilibre avec des défenseurs sur le dos. Avoir de bonnes mains est une qualité qui forcéra les défenses adverses à vous respecter et à ne pas sortir corps et âme sur les arrières ou le demi-centre. En position défensive, le pivot joue généralement devant sa défense pour essayer d’intercepter le ballon ou gêner la transmission du ballon chez les attaquants.

Le mental

Pivot est un poste où on prend énormément de coups tout en touchant que très rarement la balle. Jouer à ce poste peut donc être frustrant à moins d'aimer la bagarre. C'est d'ailleurs l'une des principales caractéristiques requises pour jouer à ce poste: aimer le duel. Le pivot doit donc faire preuve de patience et de persévérance lors qu’il est empêtré dans la défense adverse et garder ses nerfs. Il doit également connaître parfaitement le jeu de ses coéquipiers pour savoir à quel moment déclencher les écrans et à quel endroit fixer ses adversaires.

L'exemple parfait: Bertrand Gille

Dans la famille Gille je demande Bertrand, l'illustre pivot des Bleus, champions de tout. En plus d'avoir le look du guerrier avec ses longs cheveux, Bertrand Gille en a le tempérament malgré une taille modeste (1,87 m). Formant avec Didier Dinart, l'une des meilleurs paires défensives de l'Histoire du hand, le pivot français est beaucoup plus qu'une armoire à glace servant à créer des brèches pour ses coéquipiers. C'est aussi et surtout un excellent attaquant polyvalent, capable de jouer en club aux postes d'ailier, d'arrière droit et d'arrière gauche. Ajoutez à cela une combativité sans faille alliée à un mental d'acier et vous obtenez un des meilleurs pivots de l'Histoire. Son empreinte, Bertrand Gille l'a définitivement marqué lorsqu'il décrocha en 2002 le titre de meilleur joueur du monde, décerné par l'IHF et celui de meilleur pivot du Mondial 2011.